L’invitation au voyage

L’INVITATION AU VOYAGE est un dispositif de médiation sonore pour les villes et les patrimoines bâtis, naturels ou artistiques.

L’enjeu est de glisser dans les pas et dans l’oreille des visiteurs, petits et grands, et de créer un récit sonore spatialisé (son binaural). L’auditeur est immergé dans son environnement. Le récit original, interprété par des comédiens, guide son regard et transmet des connaissances de manière sensible et expérientielle.
C’est un voyage dans le temps et dans le patrimoine qui fait appel à l’imaginaire.

Parcours poétique et littéraire plus que visite touristique, cette invitation permet de parcourir la ville avec un nouveau regard. Le visiteur est embarqué dans un double voyage : intérieur grâce au récit sensible et en contact avec la réalité extérieure.

Le concept est développé par narrative et la Compagnie Espèce Fabulatrice, avec l’application de slow tourisme Loopi où l’invitation au voyage est hébergé.

Le premier voyage a été développé à La Rochelle en 2022 avec l’association le Phare du Bout du Monde, le Port des Minimes et la Région Nouvelle Aquitaine (projet lauréat du Fonds tourisme et numérique).

Intitulé VOYAGE AU BOUT DU MONDE, ce parcours sonore en 12 étapes emmène les visiteurs du Port de la Rochelle jusqu’à la Point des Minimes.


OBJETS-RELAIS

Un film et une installation transmédia sur les objets de nos grands-parents.

 

LE PROJET :

Huit adolescent·e·s de collèges franciliens partagent un travail d’archéologie familiale et intime. Dans une salle de classe dont les murs sont recouverts d’anciennes cartes de géographie superposées, ielles prennent la parole pour nous montrer et nous raconter l’histoire d’un objet appartenant ou transmis par leurs grand-parents. À travers la description des ces bijoux, médailles, vêtements, à travers la lecture de passages de livres, de recettes de cuisine ou de codes de bonne conduite, ielles dévoilent les relations qu’ielles entretiennent (ou non) avec leurs ancêtres. Des histoires souvent méconnues ou fantasmées et pourtant très en lien avec la réalité des élèves. Au sein de l’institution scolaire, origines, traditions et langues maternelles se

dévoilent. L’acte est ici politique : celui de faire entendre à l’école des histoires individuelles qui ne sont pas valorisées dans le milieu scolaire. Elles sont souvent gommées et contraintes par les attentes normatives d’une institution qui ne reconnaît pas la diversité culturelle de ses élèves comme une richesse individuelle et collective. Face caméra, les enfants se saisissent de leur héritage avec fierté et tendresse, parfois avec doute et colère.

Thémis et Erva, au travers des objets de leurs grands-mères, prennent chacune conscience des différences qui distinguent leur adolescence et la jeunesse de leurs grand-mères. Chelsy nous montre les quelques photos rescapées de l’incendie qui a détruit la maison de sa grand-mère en Côte d’Ivoire. Pragash, tenant son objet religieux hindouiste, avoue ne rien connaître de la guerre civile du Sri Lanka, qui est à la cause de l’exil de son propre père. Si James tient avec fierté la médaille militaire de son grand-père, un Mauricien envoyé faire barrage pendant la guerre de Palestine, son regard change, quand il comprend, face caméra que son grand-père servait avant tout les intérêts de l’empire colonial britannique. Enzo nous décrit le banga qu’il aimerait construire dans son jardin à Noisy-le-Grand, alors qu’il tient une représentation miniature d’un banga, un cabanon qui constitue un rite de passage mahorais que les jeunes garçons construisent pour devenir des hommes. Vladimir lit une recette que sa grand-mère ukrainienne lui préparait, tandis que Sofiane souhaiterait hériter du bracelet kabyle de sa grand-mère, pourtant destiné à sa sœur.

Dans un geste ritualisé, chaque élève scanne son objet en 3D, par la technique de photogrammétrie. Une manière de perpétuer son héritage pour les générations futures, dans une sauvegarde numérique qui veut dépasser les limites de la matière. Dans le film, les prises de parole s’entrecroisent avec une galaxie constituée de tous ces objets scannés, rassemblés au même endroit, comme les histoires individuelles qui cohabitent au sein d’une classe. On déambule à travers les échelles infinies de cette matière numérique. On explore leurs formes, on découvre les détails des textures, on traverse leurs surfaces… Un film qui montre comment des adolescent·e·s découvrent et s’approprient l’histoire de leurs ancêtres. Certain·e·s souhaitent s’en détacher, d’autres la perpétuer et l’intégrer à leur identité de futurs adultes.

En : Chelsy, Enzo, Erva, Pragash, and Vladimir are middle school students in Paris and its suburbs. They bring objects from their grandparents to class and gradually discover surprising things about their origins. In a digital ritual, they scan these relay objects in 3D to perpetuate this heritage.


Cher Futur Moi

« À dans 10 ans ! » 

Cher Futur Moi invite des participants de 16 à 24 ans à s’adresser à leur « moi du futur » dans 10 ans.

Dans leur chambre, face caméra, ils confient leurs espoirs et leurs peurs du futur et dressent en filigrane un portrait de la jeunesse française et de ses aspirations.

Cher futur moi est une websérie collaborative contenant une trentaine d’épisodes / participants au travers de la France, avec l’ambition de dresser un portrait intime d’une génération complexe.

Depuis 2019, de nombreux jeunes francophones d’Afrique, d’Outre-Mer, du Canada et du Portugal ont participé à Cher Futur Moi.