Les mères intérieures

Un documentaire de Caroline Gillet réalisé avec Yoann de Montgrand


Faut-il avoir des enfants ? Si oui, à quoi sert une mère? Caroline Gillet a choisi de poser cette question à huit femmes de Loches, une petite ville en Indre-et-Loire. Le film dresse leurs portraits de mères jeunes et moins jeunes, en couples ou séparées, hétéros ou homos dans une enquête personnelle et picaresque.

Rarement dans l’histoire du genre, les évolutions scientifiques et sociétales n’ont été aussi rapides. Depuis le début du siècle, le rapport à la maternité s’est transformé avec les avancées majeures des droits des femmes : celui de ne pas avoir d’enfants grâce à la contraception (1967) puis à l’avortement (1974).
Ces vingt dernières années, la question a encore évolué. Avec la banalisation de la PMA et l’évolution du regard porté sur les mères célibataires, on met en avant le droit des femmes à avoir des enfants, même dans des cadres moins traditionnels. Et aussi le droit des femmes à ne pas en avoir du tout. Mais ces évolutions sont-elles les mêmes sur tout le territoire ? Dans les agglomérations, les villes, les villages ?

Faut-il avoir des enfants ? Si oui, à quoi sert une mère? Caroline Gillet a choisi de poser cette question à huit femmes de Loches, une petite ville en Indre-et-Loire. Le film dresse leurs portraits de mères jeunes et moins jeunes, en couples ou séparées, hétéros ou homos dans une enquête personnelle et picaresque.

Jeanne, 31 ans, vient de reprendre la ferme familiale pour fabriquer du fromage de brebis. Elle y élève avec sa mère, grand-mère, ses oncles et tantes, sa fille Margaux, 12 mois. Son rapport à la maternité est bien différent de celui de ses aînées.
Claire et Tiphaine, 32 ans, exercent toutes les deux en tant que sage-femme, l’une à Tours, l’autre à Châteauroux. Elles vivent à Loches car c’est à mi-chemin. Ensemble, elles ont eu la petite Mathilde il y a un an grâce à une PMA en Espagne et se demandent pourquoi il est si difficile de faire accepter cette famille.
Claire et Adrien ont quitté Paris à la naissance de leur fils Omer pour s’installer près chez leurs parents. Ils s’occupent à égalité́ d’Omer, qui a maintenant six mois, mais admettent sans problème que c’est Adrien qui a le plus d’instinct maternel.
Simone a 90 ans et ses enfants lui manquent, elles les trouvent trop absorbés par leurs vies, elle les trouve ingrats. Madame Michel, sage femme qui exerce dans la région depuis plusieurs décennies observe avec amusement et curiosité, les changements de mentalité…

Toutes ces mères ont peu de choses en commun à part de vivre dans la petite ville de Loches. Caroline Gillet s’interroge avec elles sur la maternité́ aujourd’hui.

« Au moment des débats autour du mariage pour tous en France, j’ai découvert avec étonnement la violence des débats, j’ai été apeurée et fascinée par ce conservatisme dans mon pays d’adoption. Et puis, mes amies ont commencé à avoir des enfants. Certaines en couple hétérosexuels, certaines célibataires, d’autres en couple homo. Je ne ressentais pour ma part, malgré mes 34 ans, pas d’envie particulière de maternité, mais je me suis dit que j’avais la chance d’appartenir à une génération pour laquelle ces projets multiples étaient finalement possibles, partout sur le territoire. » Caroline Gillet

Diffusion
Soirée spéciale documentaire « Les nouvelles familles » sur France 3
France 3 Centre Val de Loire – le 27 mai 2019 à 23h40.

Les auteurs


Caroline Gillet aime mettre en récit des histoires vraies sur des formats variés et souvent innovants : documentaires radiophoniques, audiovisuels et transmédia, à l’écrit, sur scène, en France et à l’étranger. Elle travaille sur les questions de société, d’intime, de transmissions entre générations et cultures sur des territoires communs.
Elle a récemment réalisé les séries Tea Time Club, et A ton âge pour France Inter, qui dessinent le portrait intime de femmes et hommes avec à chaque épisode une thématique. Tea Time Club a été adapté à la télévision (Lauréat du TV Lab, il a été produit en une mini-série de 4 épisodes pour France 4, sur les thématiques, Aimer, Grandir, Etre Ami, Croire), produit par narrative. Elle a réalisé avec Aurélie Charon plusieurs séries documentaires radiophoniques sur la jeunesse (Alger, nouvelle génération (primée au New York Festival), I like Europe Welcome Nouveau Monde, Un Eté à Alger (Mention spécial au Figra)) ainsi qu’un spectacle radiophonique Radio live qui tourne en France et à l’étranger. Un Eté à Alger a été adapté en un documentaire de 52’ pour TV5monde, produit par narrative.

Yoann de Montgrand est directeur de la photo sur des projets de natures diverses : films de fiction, documentaires, publicités ou clips musicaux. Diplômé de la Femis en image, il s’est d’abord consacré à la fiction comme assistant opérateur puis comme chef-opérateur. Il a fait ses armes en parallèle dans le documentaire, d’abord en réalisant dans ses jeunes années un film en Bosnie sur la jeunesse dans la ville de Mostar en pleine reconstruction d’après-guerre – Men from the hill, puis en travaillant plus tard avec personnalités originales du documentaire comme Valérie Mrejen sur une série de formats courts documentaire pour la Villette – Villette sur Courts, et Alain Della Negra et Kaori Kinoshita sur un long-métrage à mi- chemin entre documentaire et fiction sur le mouvement raëlien – Bonheur Académie. Sensible à des problématiques liées à l’enfance, aux familles dites «alternatives» et l’imagination comme différenciation sociale, thèmes tous trois abordés dans son film de fin d’études L’arbre d’Hugo, le projet de Caroline Gillet a fait écho autant à sa sensibilité personnelle qu’à des éléments de vécus où s’est posé la question des familles différentes.

COMMANDER LE DVD via l'ADAV
PRODUIT PAR NARRATIVE avec la participation de France Télévisions et le soutien du CNC.

Crédits

un film de
Caroline Gillet

réalisé avec Yoann de Montgrand

produit par
Cécile Cros
assistée de Jeff Bauduin

image
Yoann de Montgrand

son
Caroline Gillet

montage
Nicolas Boucher

musique originale
Fred Nevché